CORONAVIRUS

Des propositions de célébration chez soi

En discutant avec les uns et les autres, je remarque que certains préfèrent regarder KTO et d’autres préfère une liturgie qu’ils construisent avec ceux avec qui ils habitent ou qui leur permet de mieux méditer les textes.

Voilà quelques propositions : Avec les dominicains de Toulouse une très belle proposition

Une proposition plus liturgique provenant de la conférence des évêque en suivant ce lien

Ici un PDF très bien fait pour aider à un beau temps de prière

Pour les enfants, le diocèse propose ceci

Les prières du père Manu Langrand

Suivez le lien et vous trouverez de belles prières !

Une prière proposée par Christiane

DESCENTE AUX ENFERS

Depuis longtemps, je promenais cette icône dans un coin de ma tête : la voilà enfin réalisée.

La première fois qu’elle m’a saisie, il y a quelques années à Istanbul. La découverte de l’église Saint-Sauveur in Chora a été un choc  et en particulier la fresque de l’Anastasis. J’y suis retournée depuis. A l’époque, je n’avais pas d’appareil photo numérique, dans un premier temps ce sera une photo d’une photo, cette fresque est une merveille

 

 

L’esthétique de cette fresque remarquable m’a beaucoup touchée, mais aussi sa signification et sa symbolique, cette « descente qui porte en elle l’amorce d’une remontée »

Le titre Anastasis qualifie, en grec, l’action de se relever.

Notons qu’il n’existe pas, à proprement parler, dans la tradition orthodoxe, d’icône ni de fresque de La descente aux enfers. Du reste, la scène n’est pas décrite dans les Évangiles. De même, dans les églises orientales, l’accent n’est pas mis sur la mort, la souffrance ou le Christ en croix.

Cette scène de l’Anastasis apparaît sur une colonne de la cathédrale Saint-Marc à Venise (VIe siècle) mais se développe en Cappadoce entre les VIIIe et le Xe siècles.

L’accent est porté sur la Résurrection. Un Christ vêtu de blanc, lumineux, dynamique, qui, alors qu’Il « a vaincu la mort » est déjà relevé. Les « enfers »  sont schématisés par une grotte sombre qui peut être jonchée de chaînes, d’outils, de serrures et des portes de l’Enfer brisées. Non seulement le Christ est debout, mais il tend fermement la main à Adam et Ève qu’il sort de leurs tombeaux (3).

 

Cette fresque porte ce qui est pour moi le plus important du message chrétien. Pas seulement la vie après la mort (c’est encore un autre sujet), mais la possibilité de saisir la main qui nous relève, à chaque mauvais pas de nos vies

Je porte une très grande admiration envers tout ce qui renaît, envers tous ceux qui se relèvent de souffrances ou de drames et qui, lumineux et dressés, continuent leur chemin.

NB : les autres personnages représentés sur cette scène ne sont pas toujours exactement les mêmes. La plupart du temps (comme ici), on reconnaît saint Jean-Baptiste le précurseur, Moïse, David et Salomon avec leurs couronnes, et de l’autre côté, Abel, première victime de l’injustice. Mais la foule réunie représente l’humanité entière qui peut être « mise debout » par cette Main tendue

 

Le défi du Confinement !

Le père Matthieu vous propose de trier vos livres ! Au profit de la bouquinerie du Sart qui a pour objectif la réinsertion des personnes en situation difficile. Faites le tri de vos livres et déposez les à la paroisse après notre situation de crise !

 

Prier avec son corps

Des exercices de méditations avec votre corps. Suivez ce lien pour y accéder. Merci à Elisabeth qui nous propose ces méditations !

Régine nous propose une découverte des mouvements d’Eglise

Pour découvrir vous devez cliquer sur ce lien.

Christiane nous permet de méditer

Une belle méditation par Christiane ! EN suivant ce lien !

Être en communion de prière avec le site https://hozana.org/t/tosTE

Texte

Et tout s’est arrêté…
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’État, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot. »

Écrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux