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Vivre en maisonnée (Edition spéciale Noël 2020)

   Arrivés à Dunkerque avec leurs quatre enfants, pour raisons professionnelles, depuis deux    ans, Anne-Laure et Vincent, ont souhaité s’insérer dans la vie paroissiale. Ils se retrouvent aussi en  » maisonnée ». Partons à la découverte de ces maisonnées.

Vous parlez de « maisonnée ». Comment définiriez-vous une « maisonnée » ?

Anne-Laure : Tout d’abord, les maisonnées dépendent  de la communauté de l’Emmanuel. C’est un lieu, une équipe  où l’on vit une vie fraternelle, de prière communautaire, par des rencontres régulières, en prenant en compte nos réalités de vie.

Comment se passent vos rencontres ?

Nous nous retrouvons en maisonnée tous les 15 jours : notre équipe est composée de onze personnes, avec plusieurs  états de vie représentés (mariés, célibataires, veuf(e), actifs ou retraités). Nous commençons par un temps de louange, suivi d’un temps d’échange sur notre vie personnelle et spirituelle : ce que le Seigneur m’a apporté, quel évangile m’a parlé, et enfin quelle décision je prends cette semaine pour avancer dans mon chemin de  foi. C’est vraiment un lieu de soutien, d’encouragement entre nous,  et de prière fraternelle. Nous sommes frères et sœurs en Christ.

C’est important pour vous cette vie en Maisonnée ?

Oh oui ! Nous avons débuté une maisonnée en 2014, là où nous habitions auparavant. Un des critères pour accepter la mutation professionnelle de Vincent, était de pouvoir intégrer dans notre nouvelle ville, une maisonnée. C’est un peu comme notre poumon, notre socle, pour avancer dans le Christ.

Vous retrouvez-vous avec d’autres maisonnées ?

Nous sommes la seule équipe sur le dunkerquois, mais une fois par an, nous brassons les diverses maisonnées de la région.  De plus, chaque année, les maisonnées se mélangent, car un des principes est de ne pas choisir ses frères et soeurs de la maisonnée, mais de les recevoir.

Avez-vous un lien avec la paroisse ?

En tant que membre d’une maisonnée, nous sommes appelés à nous engager dans un service. Nous avons donc proposé sur la paroisse, une « fraternité Saint Marc »: Un groupe de dix personnes, sur une liste établie par le Père Matthieu, se retrouve régulièrement pour lire cet évangile et y recevoir des enseignements. Nous sommes là, mon mari et moi-même,  au service de la paroisse pour accompagner ce parcours. C’est notre mission cette année.

Avez-vous d’autres activités, en tant que membre d’une maisonnée ?

Oui, en plus de nos rencontres en équipe (une fois par quinzaine), nous participons  à un week-end régional par mois, ainsi qu’un temps de service. Ce service peut se réaliser dans certains lieux particuliers de l’Emmanuel, comme Paray-le-Monial, l’Ile Bouchard, etc.  De plus, nous sommes accompagnés par un couple tous les six semaines, pour relire notre vie à la lumière du Christ.

Ce qui vous marque davantage dans cette vie en maisonnée ?

Grâce à l’adoration, la compassion et l’évangélisation vécus ensemble, nous recevons beaucoup de grâces !

Propos recueillis par Monique Le Falher

 

P.S. : Si vous êtes intéressé, contacter Anne Laure et Vincent GOURAUD, tel : 06 98 51 36 73


Retour à la mer (Portrait de Jean Coquet) Juin 2018 – N° 149

Retour à la mer !

Le père Jean Coquet a rejoint cette année la Paroisse de Malo. Il est arrivé à la fin du mois de septembre pour épauler le père Matthieu Aisne. Le voyant souvent lors de messes ou lors de célébrations de baptêmes, de funérailles et de mariages, nous avons eu envie d’aller à sa rencontre.

Les paroissiens de Malo vous ont connu de 1981 à 1993. C’est avec joie qu’ils vous retrouvent aujourd’hui… Où étiez-vous pendant toutes ces années ?

J’ai été curé de Mons-en-Baroeul jusqu’en 2002 puis j’ai été nommé dans le Pévèle et le Mélantois jusqu’en 2009. J’ai ensuite été curé de Croix. Trois nominations, trois ministères très différents. Mons est une zone surpeuplée avec ses grandes tours, le Pévèle est une banlieue résidentielle. A Croix, les trois clochers regroupaient des populations très différentes qui se réunissaient dans un joyeux mélange. La voûte de l’une des églises s’étant effondrée, les paroissiens se sont adaptés et c’est ainsi que les fidèles participaient  soit à la messe du samedi, soit à celle du dimanche matin, ce qui fit dire au maire, lors de la réouverture du troisième clocher : « On ne va quand même pas casser cette ambiance ! ». L’inauguration de l’église rénovée eut lieu le soir de l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2013. Lors du concert donné à cette occasion, je revois les gens suspendus à leur portable. Nous avons maintenu le programme du lendemain, en accord avec l’évêque, dans l’idée qu’il ne fallait pas céder à la peur…

Vous êtes de retour à Malo…

Suite à un problème de santé, mon évêque, Monseigneur Ulrich m’a proposé de me décharger. C’est avec joie que j’ai accepté de revenir à Malo. Cette fois cependant, je découvre une mission un peu particulière : dans la mesure où je seconde le père Matthieu, je suis vraiment au service de la communauté, je suis présent pour répondre aux demandes qui me sont faites. C’est vrai qu’après avoir vécu de nombreuses années comme curé de paroisse, cette nouvelle charge réclame beaucoup d’humilité. Je peux cependant me consacrer aux malades, aux personnes âgées et ainsi vivre et manifester la proximité  de l’Eglise avec chacun. Cette disponibilité que j’ai aujourd’hui, était plus difficile tant que j’avais la charge d’une paroisse. C’est donc une joie renouvelée à chaque rencontre. Par exemple, je suis souvent appelé pour administrer le sacrement des malades et je suis émerveillé par la profondeur et la richesse des échanges que j’ai alors. Les gens vont à l’essentiel.

Et la prière ?

Ce qui me paraît essentiel, c’est que toute personne qui vient à la messe, porte en elle tous ceux qu’elle côtoie. Ainsi, lors de la messe du mardi matin, nous sommes en petit comité, beaucoup sont au travail, mais chacun arrive avec ses joies et ses soucis et ce petit nombre se transforme en une foule immense. J’aime le rappeler au début de la célébration… Nous portons ensemble dans la prière tous ceux qui ne sont pas là physiquement mais qui sont au centre de nos vies.

Êtes-vous heureux dans l’Eglise d’aujourd’hui ?

  Il est vrai que je me pose la question de la diminution des vocations et que je me demande parfois si, personnellement, je donne envie à des jeunes d’être prêtre. Il m’est arrivé, il est vrai,  de vivre une certaine solitude… En particulier lors d’une nouvelle nomination, le prêtre arrive seul, il doit s’adapter à d’autres manières de faire, à des paroissiens différents, ce n’est pas toujours facile. Heureusement il y a aussi la famille, et j’ai des frères et soeurs. Nous sommes six enfants : trois garçons et trois filles. Ce qui me paraît essentiel, c’est la proximité avec mon évêque, Monseigneur Ulrich, et avec mes frères prêtres. La table commune me paraît très importante ainsi que les temps de retrouvailles avec ceux qui étaient au séminaire en même temps que moi. Ces temps conviviaux étaient plus nombreux autrefois, notre évêque nous incite à privilégier ces moments de partage.

Vous parlez de votre évêque comme de quelqu’un de vraiment important !

Mais c’est un Père ! Ce qui est amusant, c’est qu’il est plus jeune que moi… Mais j’apprécie sa disponibilité et son écoute. Ce contact entre l’évêque et les prêtres me paraît primordial !

Le mot de la fin ?

« Fleuris où le Seigneur t’a planté ! »  (Saint François de Sales) C’est ainsi que je conçois ma mission de prêtre : j’ai toujours dit « Oui ! » à mon évêque et je ne l’ai jamais regretté !

Propos recueillis par Elisabeth Desprets